L’Art de la Joie

L’Art de la Joie, 1998, Goliarda Sapienza

 

Il est de ces romans qui deviennent des livres de chevet ou des guides. De ces romans qu’on lit en se disant qu’il faudra revenir dessus plus tard, quand on en sera là dans notre vie. De ces romans qui font grandir.
L’Art de la Joie fait partie de ces romans ( j’ai presque un planning des différents évènements lors desquels je devrai le relire).

C’est la joie de Modesta. Petite fille née en 1900 dans la Sicile brulante et rurale, au sein d’une famille analphabète, elle devient une vraie Princesse avec un vrai palais et un vrai Prince. Mais, ce n’est pas une Princesse Walt Disney. Femme instruite, libre, indépendante et farouche, Modesta, qui porte bien mal son prénom, traverse toute la première moitié du XXème siècle, nous entrainant avec elle au milieu des vignes et luttant contre le fascisme.

 

Communiste et féministe, elle prend le fusil comme elle affirme sa bisexualité : avec ferveur et sans honte. Modesta adopte, aime, se bat. Pendant plus de 600 pages notre pouls bat avec le sien. Roman initiatique, on perçoit la force incroyable de Modesta et on veut apprendre d’elle.

 

Quand j’ai commencé ce livre, j’ai eu beaucoup de mal avec le style. Ecrit à la 3ème personne, Goliarda Sapienza prête parfois sa plume à Modesta le temps de quelques paragraphes. Alors le style se fait dur, bouillonnant, brut. Quand l’auteure reprend la plume, c’est pour poser un dialogue sans locuteurs au milieu du torrent de mots.

Il faut s’accrocher, mais le bénéfice retiré vaut bien de s’adapter au style de Modesta.

 

L’Art de la Joie c’est aussi un livre maudit pour lequel son auteure a tout sacrifié. Pendant dix ans, elle a cessé de jouer au théâtre et au cinéma. Goliarda Sapienza a vendu tout ce qu’elle possédait, meubles compris et a vécu dans la pauvreté pour se consacrer à ce qui deviendra son chef d’œuvre. Un chef d’œuvre qui ne sera publié que deux ans après sa mort et passera inaperçu pendant près de 10 ans.

 

On en sort avec une immense gratitude pour cette femme qui a tout laissé pour nous faire partager l’extraordinaire vie de Modesta.

Une lecture qui laisse des traces pendant longtemps. Une ode à la liberté.

 

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